Comentário de um leitor do blog de Léo Scheer a respeito de sua mãe e a doença de Alzheimer, a partir do livro da filósofa Catherine Malabou sobre o acidente (Ontologie de l’ Accident):
Il me tient à coeur de dire que si j’ai utilisé le nom de “jeune fille” de ma mère, (Léone Clémentine Jary) ce n’était pas pour “perfidement” biaiser quelques commentateurs, (me cacher derrière un pseudo) non, je voulais, en toute ma conscience encore “en capacité” (pour combien de temps) que le joli nom de ma mère s’inscrivît encore une fois quelque part dans le déroulement (de ce billet) sur l’Ontologie de l’accident, ce livre tellement difficile à lire, et qui a sûrement été aussi difficile à écrire, et je veux saluer, respectueusement, Madame Catherine Malabou, tellement difficile à lire, dis-je (pour moi) parce que son contenu est une douleur (pour moi) à chaque angle d’approche. Ma mère, Léone Clémentine Jary, est morte des suites de cette terrible maladie d’Alzheimer. J’ai vu comment, et combien en “démolition”, (ce qui est à distinguer et qui n’a par conséquent “rien à voir” avec le concept de “déconstruction” cher à Monsieur Derrida) ce que cette maladie ravage ce qu’il y a de plus beau, de plus magnifique de l’esprit et du corps d’un être humain, et c’est, pour celui qui en est le témoin, (moi) ou ceux (mes frères et soeurs) une douleur absolument insoutenable et qu’il faut pourtant soutenir. Je me demande (par quel miracle) comment je peux, comment nous pouvons, encore trouver la force de vivre et la force d’oublier, car il faut oublier, n’est-ce pas, en surface, sans doute, en surface, il faut oublier, mais en profondeur, oublier en profondeur, c’est impossible; il faut oublier le malheur de l’autre, des autres, pour continuer à vivre, car il faut continuer à vivre; oublier après ce que j’ai vécu, après ce que nous avons vécu, oublier le malheur et la détresse et la souffrance que “ma mère” donnait à voir d’Elle, oublier ce qu’elle était devenue, sans demander, Elle, (comment serait-il possible de souhaiter qu’en soi une telle horreur frappât notre vie, jusqu’à la tuer) sans demander qu’Elle devînt “cela” et don’t nous savions, mes frères et soeurs, que notre mère, celle qui nous avait porté dans son ventre de chair, notre mère nous aimaient désormais d’un incommensurable plus loin, mais à nous, jamais accessible, et don’t je savais que ma mère m’aimait, et don’t je savais qu’Elle ne savait plus qui j’étais, me regardant comme un étranger entré dans sa maison, me regardant comme on regarde, tout étonné, un inconnu, et don’t je savais qu’Elle, ma mère, ne savait plus son cher mari, mon père, ses chers enfants, sa maison, sa vie.
Je crois, assumant mon irremplaçable et merveilleuse naïveté, qu’Elle est partie, ma douce maman, rejoindre son mari qui vingt ans avant avait reçu, quittant la Terrre, la mission de tracer leur Nouvelle Route de Nouveau Couple pour un Nouvel Amour… C’est tellement magnifique de penser cela… Et qui sait, Dieu Seul le sait, ce Nouveau Couple, pour inventer d’autres enfants, d’autres frères et soeurs. Loin, très loin des Ontologies Accidentelles.
ver também:
http://www.virose.pt/ml/textos/eng/on_plasticity.html


